12 juillet 2008
Un jeu???
Faut-il prendre le concours de l'internat (actuellement nommé ECN pour examen classant national) comme un jeu? Cela permet-il de mieux vivre les années qui nous séparent de cette échéance? Faut-il ne plus avoir de vie pendant ces années pour avoir le choix? Peut-on se ménager des voyages intérieurs, des escapades nocturnes sous la pluie d'orage pour faire passer la pilule de ce futur concours? Que dis-je, ce n'est pas un concours... selon sa dénomination ce n'est qu'un examen...
Pour les non-initiés, quelques petites explications :
L'ECN sanctionne la sixième d'année des études de médecine, il permet d'obtenir un classement des étudiants. Selon sa place, chaque étudiant choisit (ou ne choisit pas...) sa spécialité et sa ville d'internat. Naturellement, les têtes de liste choisissent en premier. Autrement dit, si l'on souhaite vraiment avoir accès à nos rêves les plus fous, il faut absolument être bon, très bon, excellent!
Cela fait quelques jours que les résultats de l'ECN 2008 ont été craché au visage des D4 de France. Les conséquences de tout cela? Des cris de joie, des larmes de joie, des sourires béâts, des mines radieuses... mais aussi, des demi-teintes... et des larmes de désarroi, des cris de désespoir, des rires nerveux incontrôlables et incontrôlés, des états dépressifs réactionnels... A ceci s'ajoute les beuveries pour fêter la fin de cette galère, pour fêter sa réussite, pour oublier son échec, pour se laver de ses rêves inaccessibles.
Et moi? Que fais-je pendant ce temps-là?
Je tapote sur le clavier à la recherche d'information sur les rangs limites de psychiatrie l'année dernière, pour d'autres spés aussi. Je vais faire un tour sur le site de l'école de santé des armées. Je déambule, le palpitant en émoi. Qui sait, peut-être ai-je trouvé ma voie? En fait, je n'en sais rien du tout, mais je me renseigne dans un état second.
Et puis, mon sang ne fait qu'un tour : je ne suis pas venue à Paris pour être mal classée dans deux ans! Il faut que je bosse, il faut que je bûche, il faut que je rabâche tout ça, il faut que je connaisse tous ces bouquins éparpillés sur le tapis (d'ailleurs, ça fait plein de couleurs sur le sol, c'est presque joli, presque gai). Je dois être capable de pouvoir choisir le jour venu, ma spécialité, ma ville.
En réalité, la préparation de ce concours n'était pas le premier motif de mon transfert ici. Néanmoins, ce n'est pas parce que la vérité semble prendre la poudre d'escampette, que la vérité se floute de nonchalance et de fausseté, de lâcheté... ce n'est pas pour cela que je dois me laisser couler dans cette boue noirâtre qui souhaite s'insinuer dans mon petit être.
Le Crohn de cet ECN 2008 m'a permis de reprendre du poil de la bête, de me battre à nouveau pour un rêve, pour des rêves, dans des domaines qui n'ont pas forcément quelque chose en commun avec la médecine, choses qui ont, cependant, quelque chose à voir avec ma médecine.
PS : je doute que certains des patients que j'ai pu côtoyer, certaines personnes avec qui j'ai travaillé lisent mes enchaînements de mots, mais je tiens à les remercier de leurs sourires, de leurs grimaces, de leurs questions, de leurs réponses, de leur patience, de leur soutien. Merci, c'est aussi grâce à vous que l'on trouve le courage et la force de poursuivre cette aventure.
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