Ma blouse, mon stétho et mes chaussures

Le bric à brac d'une jeune femme un peu barrée, quelques tranches de vie d'une externe, ses chaussures et son monde extraordinaire...

28 juin 2008

Une bouteille de vin

Si vous étiez une bouteille de vin, comment aimeriez-vous être bue?

Comme ce vin que l'on boit rapidement au coin du bar pour oublier nos misères du jour. Celui qui arrache le gosier, tord les boyaux et assure la présence de céphalées. C'est aussi lui qui nous transforme en pilier de comptoir, accoudé voire affalé sur le zinc tel un tas de tracas quotidiens que l'on abandonne au détour des verres qui s'enchaînent en solitaire. C'est la solitude solitaire, subie, non profitable, c'est la lassitude d'une vie trop lourde à porter au quotidien, c'est l'ennui, c'est le néant qui envahit chaque parcelle de l'être, il n'y a plus d'être. Ce vin, c'est une forme d'alcoolodépendance.

Comme un vin de table que l'on boit par habitude à chaque repas, parce qu'un petit verre ou quelques verres n'ont jamais tué personne, parce que c'est bon pour la santé. C'est lui le fidèle compagnon muet des déjeuners et dîners, celui que l'on ne déguste pas puisqu'on le connaît depuis des lustres, celui qui n'est qu'une contrainte quotidienne habituelle. Une alcoolodépendance sourde et fourbe peut naître de ce vin. Par habitude... la lassitude se fait sentir.

Comme un vin à 2 francs et 6 sous que l'on achète à la hâte, au supermarché du coin, avant une soirée entre potes, juste pour se mettre la tête à l'envers, boire le plus possible en dépensant le moins possible, pour se sentir pousser des aîles qui ne sont que de lourds boulets attachés sournoisement à nos pieds, pour se fondre dans le chao humain qui nous sert d'entourage. C'est lui qui entraîne vomissements, bouffées délirantes aigues, céphalées insoutenables le lendemain, histoires dont on ne se souvient que des jours plus tard voire jamais.

Comme un vin partagé avec quelques amis, celui qu'on déguste en refaisant le monde, en philosophant sur la vie et son oeuvre. C'est lui que l'on boit sans retenue parce qu'il est, tout simplement, bon, on se délecte de ses arômes en bonne compagnie, il danse les notes de l'amitié.

Comme un vin englouti béâtement sur un balcon, au sein du crépuscule des coeurs qui se reconnaissent, à l'aube d'une nuit étoilée. Il sublime les pupilles doucement dilatées par l'obscurité du lendemain, il transcende l'incertitude des âmes. Sa douceur parfume les baisers du clair de lune, envahit l'espace. Sa mélancolie subliminale caresse tendrement les visages au hasard d'une brise légère.

Alors, votre choix?

Posté par Plumee à 19:56 - Si vous étiez - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


13 juin 2008

Cette fille, là-bas.

"Il y a cette fille, là-bas, au coin de la rue, vêtue de noire, le visage fermé, les yeux cernés, les cheveux or. Ses pas paraissent légers, il ne faut pas s'y méprendre, ses pas sont l'empreinte de ses sentiments. Or, ceux-ci ne sont point légers, ils se font un peu plus lourds à chaque pas. Mais, cette fille ose les porter, c'est la clé de son âme, de sa vie, c'est un bijou dont elle ne se sépare jamais. Semi fardeau, semi jouissance, ils ne la quittent pas, l'érosion temporelle ne peut les atteindre.

La mélancolie cogne à sa porte, elle l'attendait, elle avait senti que le moment du grand plongeon pointer le bout de son museau. Elle décide alors de succomber à la tentation. Elle déambule tendrement dans les rues, contemplant l'enchaînement des pavés. Le jour baisse doucement, tout doucement, et la plonge dans une torpeur sensitive, presque sensuelle, elle communie avec la nuit. Ses pas deviennent velours, son visage est transcendé, ses pupilles dilatées, ses lèvres frémissent.

La raison a pris la fuite, ne pouvant résister à cette vague démentielle de vérité floutée."

Posté par Plumee à 23:05 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1