Ma blouse, mon stétho et mes chaussures

Le bric à brac d'une jeune femme un peu barrée, quelques tranches de vie d'une externe, ses chaussures et son monde extraordinaire...

27 avril 2008

J'aimais mieux quand c'était toi...

Note importante : "je" est un narrateur dans ce qui suit.

J'aimais mieux quand c'était toi... Oui, j'aimais mieux quand c'était toi qui faisait retentir la sonnerie de mon téléphone, j'aimais quand c'était toi qui faisait résonner des pas dans la brume du matin, j'aimais mieux quand c'était toi qui me enfantait mes rires, j'aimais mieux quand c'était toi qui me réveillait d'un baiser, j'aimais mieux quand c'était toi qui me faisait sourire, j'aimais mieux quand c'était toi qui dansait les mots, j'aimais mieux quand c'était toi qui sentait le parfum du crépuscule amoureux... Oui, j'aimais mieux quand c'était toi...

Ce n'est plus toi. J'ai beau rêver, imaginer, espérer, grandir, penser, divaguer dans les méandres du soleil couchant, ce n'est plus toi. Je ne le crois pas, je ne le veux pas. Ce n'est pas toi qui pourrait faire cela. Et pourtant, tu l'as fait, tu l'as accompli, tu l'as détruit. Tout n'était que fourberie, tricherie, superchérie. Tu n'étais pas toi, mais j'étais moi. Tu as détruit ma falaise, tu as détruit tout ce que je suis, tu as piétiné sciemment chacun de mes verbes, chacun de mes émerveillements. Tu m'as brisée pour t'amuser. Je ne peux croire tout cela, cela ne peut être toi. J'ai longtemps contemplé tes mots, je les ai chéris, je les ai bus, je les ai tout bêtement aimés. peut-être ai-je trop aimé, peut-être ai-je trop rêvé, peut-être me suis-je trop laissée porter par la mélodie de ton âme?

Je suis là, à t'attendre, je ne peux me résoudre à cette bassesse, à cette trahison, à la douceur du soir devenue amère, glacée comme les sanglots que je ne peux laisser échapper. L'impuissance se lit dans mes yeux, je suis désormais une toute petite chose blessée, lésée par le temps qui s'égraine à allure folle. Je regarde défiler chaque seconde, piégée dans ce carquant de certitudes et d'incertitudes. Je le savais, je le savais que tu ne serais pas là. Malgré tout, j'y croyais, j'y crois, je le souhaite.

Il est tard, il est trop tard. Ton âme vogue vers d'autres cieux pendant que mon âme chante la mélancolie. Cette mélancolie se nourrit de chacun des bruits qui m'entourent. Ces pas dans le couloir pourraient être les tiens, auraient pu être les tiens, ce ne sont pas les tiens, mais ceux d'un voisin. Cette clé dans une serrure? non, tu n'as pas de clé. Ces pas dans l'escalier? non, j'habite au rez de chaussée. Cette porte qui claque? ce n'était pas toi, ce n'est pas et ça ne sera pas toi. Cette porte exprime la fin de jolis moments, la fin d'une histoire, la fin d'une absence d'histoire, la fin de l'osmose des mots partagés, murmurés, enjolivés. Tout n'était que fioritures.

Les oiseaux ont cessé de chanter, ils ont compris - eux - que tu ne viendrais pas. Moi aussi, je l'ai compris. Je l'ai su avant même l'heure de ton arrivée programmée, je l'ai senti. J'ai détesté cet instant. Et pourtant, je t'attends. Oui, je t'attends encore. Un jour viendra, je ne t'attendrais plus, j'aurais disparu, les mots ne seront que des mots sans valeur, les rêves ne seront que des rêves, l'espoir aura rendu l'âme. L'espoir aura craché mon âme. Je ne serai plus à toi, je serai libre quand la falaise aura cédé, quand tout sera détruit.

Mais j'aimais mieux quand c'était toi...

Au moins, ceux qui voulaient à tout prix que je sois fixée vont être heureux du résultat.

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26 avril 2008

Quand on touche à l'ego du mâle

Le mâle est, par définition, une personne maîtresse du monde, tout du moins il est en persuadé. Le mâle est un individu imbu de lui-même. Touchez à son ego, écorchez sa carapace d'une fine rayure et vous comprendrez.

Le mâle passe une bonne partie de son existence à faire la roue tel un paon dans un zoo. Les stimuli sont nombreux, mais aucun d'eux ne consiste en une pâle imitation du son émis par la femelle du paon. Il suffit que le mâle aperçoive l'arrondi d'une épaule à moitié dénudée, croise le regard d'une créature féminine, surprenne une cheville perchée sur un talon, pose ses yeux sur la naissance d'un sein... un rire, la mélodie d'une voix au coin d'une rue peuvent également faire office de stimuli. La parade carapacée débute, le mâle déploit ses plumes ridicules, son regard cherche à percer le mystère de cette âme inconnue, de ce corps devenu objet magique. Il tourne, il tourne autour de l'île du dédain. La parade touche à sa fin.

Le mâle ne supporte que difficilement ce dédain insulaire. Il passe donc du paon à la coquille saint jacques, il se terre dans des fonds obscurs protecteurs de l'intégrité de son ego. Ses milliers d'yeux observent, à travers une infime ouverture, les faits et gestes de l'objet magique devenu objet du déli, déli de refus, déli d'ignorance, déli de nonchalance.
Le mâle est atteint par le refus d'une balade chaloupée des corps. Son ego se fissure. Cette plaie de l'âme se cache derrière une coquille dure, cette carapace rayée est prête à se fermer totalement au moindre signe de danger.

L'objet du déli devient alors objet de peur, peur d'être mis à nu, peur d'être surpris le coeur empli de larmes, peur de l'avenir, peur de l'incertitude, peur de cette créature inconnue, peur de lui-même. Au fond, la femelle est un danger pour le mâle, mais le mâle est un danger pour la femme.

Le mâle n'a pas conscience que son repli n'est qu'un obstacle à la connaissance de la créature inconnue. Elle souhaite, malgré les apparences, croiser à nouveau ses plumes ridicules, le voir sans sa carapace. Il n'accepte pas que ses faiblesses soient révéler à l'aurore du lendemain, il n'accepte pas que ses défauts transcendent le crépuscule de ce petit bout d'amour.

Tous deux passent alors à côté d'une tempête sentimentale, aucun ne veut croire que l'autre existe pour elle, pour lui en tant que personne magique : "elle l'appelle et il l'entend pas... il voit qu'elle mais elle le voit pas..." L'orgueil est menteur, laissons-nous aller à contempler cet autre, cette rivière miroir du monde, ces plumes ridicules, ces silences, ces mots murmurés par les coeurs en goguette, ces frôlements au détour d'une rue, ces regards abandonnés, la rosée des sentiments.

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20 avril 2008

Le spectacle de la panna cotta

Samedi soir, petit restaurant italien plein à craquer, sympa, un brin branchouille, mais surtout rapide. Il faut parler fort pour se faire entendre, tout le monde parle fort sur un fond de musique quasi inaudible en regard du brouhaha ambiant. Les serveurs s'agitent, courent, déplacent les tables pour installer de nouveaux convives et faire déguerpir les clients ayant payer l'addition.

Un couple, à ma gauche. Nous sommes au coude à coude. Tout naturellement, je tends l'oreille pour percevoir les bribes de leur conversation. Il s'avère finalement inutile de les écouter, le spectacle est beaucoup plus intéressant quand je me contente tout bêtement de les regarder. Les sourires niais, les regards vides amoureux, les gestes faussement tendres sont là, juste à côté de moi, chacun d'eux exprime ses sentiments au grand jour du sombre éclairage de cette petite pièce. Cette petite enclave du monde devient mon petit laboratoire d'étude humaine, je jète des coups d'oeil furtifs en toute direction pour décortiquer ceux qui m'entourent. Je regrette l'absence de set de table pour griffonner une suite de mots sortis de nulle part, ou plutôt sortis de mes tripes en effervescence devant ce spectacle grottesque de démonstration publique de sentiments.

Une panna cotta partagée par ces deux tourtereaux donne suite à cette douce comédie, peut-être devrais-je dire tragédie?
Leur perspiration émet une odeur rance, passée, dénuée de sens. De leurs regards émane l'envie de se persuader qu'ils ne sont pas en échec, qu'ils sont faits l'un pour l'autre, qu'ils ont enfin trouvé leur point fixe. Leur bouche se satisfait de cet air saturé de fausseté, de cette panna cotta publique, de ces bruits du coeur oublié.
Le néant théâtral dont ils font preuve est plus qu'impresionnant "non, prends la dernière bouchée mon amour", pas un seul regard ne venant ponctuer cette phrase. Le parfum acre et amer de ce simagrée envahit mes narines, Le spectacle est mauvais, la qualité laisse à désirer. Il serait temps de remplacer les acteurs.

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11 avril 2008

Il est un bonbon...

Ses mots étaient doux, son verbe tendre, ses yeux rieurs, ses sourires sincères, ses cheveux charmeurs, son âme belle. Sa bouche laissait deviner un parfum Sauternes, sa peau faisait miroiter des nuits d'ivresses étoilées. Ce balcon, empreinte de nos deux mondes symbiotiques, endormait nos douleurs d'antan, la lune saupoudrait le temps de pépites flamboyantes telles nos pupilles, nos âmes enlacées communiaient au coeur de la nuit. Cette nuit, nous étions tout deux des sucreries, nous nous sommes goûtés sans nous coller. La symbiose osmotique était là, en notre sein. Il était un bonbon.

Les tic-tac du temps l'ont muté en un bonbon amer, bonbon que l'on rêve de goûter comme la toute première fois malgré ses notes passées. Ces notes, je les fais musique, je les réssucite en mots, je les transporte de vagabondage en vagabondage, elles me colonisent quelque soit la décision prise, les tic-tac existent pour que je me souvienne, pour que je n'oublie pas, pour que je vive. J'ai le coeur grenadine.

Les murmures du temps poursuivent leur éternel périple. Le charmant bonbon qu'il était, est désormais, tendrement acide, acide, froid. Il me poursuit au gré de publicités, au gré des tic-tac de cette horloge dans cette pièce vide, au gré des tempêtes de l'hiver. Il raisonne au fond de mon âme, la douceur perce sa coque acide. Ce tumulte m'a rendue hermite, je tente d'éclairer ses pas, mais est-il sous ma cape? Que souhaites-tu?

Depuis trop longtemps, je ne sens que ce goût amer mêlé à la naissance des poignards des tic-tac de l'empire qui s'écroule du fil du temps. Notre fil s'use, se rompt, renaît, se fatigue, s'ennuie de nous, se lasse, il agonise... Dépêchons-nous de le réanimer, il ne peut mourir ainsi... il ne peut mourir qu'au clair de notre lune. Souviens-toi. Il était un bonbon.

Avril, ne te découvre pas d'un fil... Aurais-je laissé tomber un infime petit bout de fil dans un nouveau monde... où tout serait à construire... où les tic-tac seraient reniés... où mon coeur grenadine deviendrait violette... Je suis schizophrène, piégée entre ce bonbon grenadine et la tentation arômatique du sirop de violette...

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09 avril 2008

Fixe...

Toutes sortes de choses peuvent être fixes.

Ainsi, nous utilisons un téléphone fixe pour joindre des amis, nous nous tenons tant bien que mal à la barre fixe au centre des allées du métro, les danseuses et danseurs s'entraînent à la barre fixe, nous fixons des cadres aux murs, nous voulons être fixés à propos de tas de sujets si diverses soient ils, nous nous fixons en un lieu géographiquement défini, nous nous fixons dans un emploi, nous souhaitons un salaire fixe, nous nous fixons dans des relations amicales, familiales, sentimentales. L'Homme est en proie à une boulimie de fixité, de fixation.

Il ne fait aucun doute que l'Homme a besoin d'être fixé, d'être rassuré par cette idée récurrente et obsessionnelle qu'est sa fixation dans la société. Est-ce pour exister? Est-ce pour se sentir respecté?

L'humain existe en tant que tel grâce à ses différences avec les animaux et les végétaux, l'humain est doué d'une conscience, l'humain pense, réfléchit, est tourmenté. Néanmoins, le "je pense donc je suis" ne suffit pas à l'humain, il lui faut se reconnaître dans les yeux de ses semblables. Il n'est rien sans autrui, cet autre - croisé au hasard des méandres de la vie - se transforme soudain en un miroir, en une vue en négatif de sa petite personne. Dès lors, le simple humain fait réellement partie du genre humain puisqu'il est reconnu comme y appartenant par cet inconnu au bord de la route du temps. C'est pour cela qu'il a besoin d'être fixe, qu'il se conduit comme un maniaque de la fixité, comment pourrait-il se reconnaître dans les yeux d'un autre si il ne parvient pas à cet idéal de fixité, de rigidité humaine?
Cet évitement volontaire, quoique parfois inconscient, de la profonde nature humaine, ce jeu de miroir intemporel ne serait-il pas synonyme de facilité plutôt que d'humanité?

Dans la société actuelle, nous nous devons d'avoir une situation bien définie de façon à être respectés par nos congénères. Prenons l'exemple fictif d'un groupe d'amis, ayant aux alentours de 25 ans, ils se retrouvent autour d'un verre. L'un d'eux n'est pas fixé dans sa vie sentimentale, il collectionne les conquêtes, il s'amuse, il ne trouve pas chaussures à son pied puisqu'il ne le souhaite pas encore; ses amis vont dès lors faire pression pour qu'il se pose enfin, pour qu'il cesse de faire le jeune con, pour qu'il atteigne enfin cette fixité si chère à leurs yeux, il n'est pas tout à fait respecté en tant qu'être humain à part entière. L'une d'elle ne parvient pas à déceler sa voie professionnelle, elle papillonne de job en job, de faculté en école et d'école en faculté; ses amis vont la sommer de faire le nécessaire pour acquérir un vrai métier, un emploi fixe avec un salaire fixe, un travail respectable. Les exemples sont multiples, je vous laisse continuer au gré de vos envies, de vos situations...

Que dire des résistants à ce manège fixe? A mon sens, ils sont animés d'une humanité quasi intouchable, cette humanité indéfectible les pourvoit d'une force admirable, d'une capacité de contempler le monde pour ce qu'il est, de faire voyager leur esprit au départ de simples mots, de simples pas, de simples tonalités de téléphone, de simples regards, de simples inconnus, de simples gouttes de pluie ruisselant sur leur peau, de simples larmes émanées de la rosée du matin, de simples nuages empourprés par le soleil couchant... La mouvance, c'est peut-être ça être humain...

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06 avril 2008

En avril, ne te découvre pas d'un fil

Célèbre dicton qui tente de dicter notre conduite à l'arrivée des beaux jours, n'oubliez pas, "en avril, ne vous découvrez pas d'un fil". On ressent une pointe tranchante de menace au sein de ces petits mots, mais pourquoi devrait-on se plier aux exigences de simples mots de provenance inconnue?

C'est très simple, lorsque l'on commence à se découvrir d'un fil, à changer de manteau, à débuter un nouveau stage, à parcourir les couloirs menant à notre ancien lieu de stage avec une nostalgie grandissante, à regarder le ciel le regard vide, à enfiler une paire d'escarpins pour rester chez soi, à se demander pourquoi une pomme est une pomme, à examiner chaque recoin de son bureau pour éviter de sombrer dans l'ennui... on est en avril.

La fille d'avril... Cette fille a pris quelques années au cours des trois derniers mois, elle a laissé s'échapper des fils, trop de fils. La fille d'avril n'est plus celle de mars, sa pelote de laine est emmêlée, de petits bouts de laine se sont détachés, ils traînent çà et là sur le sol de la vie. Cette vie qui file, cette vie qui donne, cette vie qui reprend, cette vie qui s'effiloche. Certains fils sont usés, au bord de la rupture, prêts à abandonner, ils sont proches de la réalité d'autrui, tandis que les autres s'accrochent, se renforcent pour annoncer, contre toute attente, les prémices du printemps de l'âme.

L'un d'entre eux  s'enivre de perles sur son passage. Les mots les plus fous, les plus vrais sont là, devant lui, à ses pieds, immobiles et dansants simulténament, ils sont grands, ivres de vie, ivres des jours, ivres des nuits, ivres de leur possible avenir, ivres d'insouciance, ivres d'évanescence, ivres de liberté, ivres de vertiges, ivres du temps.

Ce fil donne naissance aux sous-vêtements de l'âme, aux souffles du coeur qui s'émeut au fil de ses voyages. Ce fil grandit, poursuivant l'oeuvre d'une vie, écrivant sur son chemin l'histoire de la fille d'avril, laissant, par hasard, tomber de petits morceaux... Petits morceaux qu'un fil étranger pourra saisir pour se renforcer, pour construire ensemble un empire du rêve, un chateau fort et non un chateau de cartes s'écroulant au premier claquement de porte, pour fleurir la tombe de la fille de mars.

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05 avril 2008

Mystère et boule de gomme

Je ne sais pas trop si j’ai des lecteurs fidèles. Néanmoins, imaginons que cela soit le cas…

Vous, lecteur lambda, vous avez du lire un enchaînement de mots plus que surprenant pour votre esprit, souvenez-vous. L’expression « œuf de poule en peluche » vous rappelle-t-elle quelque chose ? Même si ce n’est pas le cas, je vous invite vivement à partager ce qui suit.

Mais, qu’est-ce donc qu’un œuf de poule en peluche ?

Très littéralement, il s’agirait du produit de reproduction d’un coq en peluche et d’une poule en peluche, on obtiendrait donc bien un œuf de poule en peluche, un peu comme les œufs de dinosaures en peluche que l’on trouvait à une époque. Je vous demande donc de visualiser une peluche pour enfant en forme d’œuf, de couleur coquille.

Ceci étant dit, un œuf est aussi un symbole moderne de Pâques équivalent à un symbole de joie, symbole de vie, symbole de renaissance, symbole d’enfance, symbole de partage, symbole de tant de choses. En cette période post-pascale, on pourrait s’attarder plus longuement sur cet aspect, mais est-ce vraiment nécessaire ? Je ne le crois pas puisque je ne souhaite pas traiter d’un œuf en chocolat, mais d’un œuf fait de douceur et non de douceurs.

L’œuf provient également du pigeon, il est alors un symptôme révélateur d’une entorse de cheville pour tout médecin qui se respecte. Sa présence nécessite la réalisation d’une radiographie, la mise en place d’une attelle… Quel est le rapport avec un œuf en peluche ? L’œuf de pigeon peut être recouvert de petites bouloches de chaussettes…

Néanmoins, tous ces œufs nous éloignent horriblement de la beauté pure du - désormais, très célèbre – œuf de poule en peluche… N’oubliez pas, je vois derrière votre écran, je remarque vos airs ébahis, narquois, interrogateurs, surpris, affolés, scandalisés… « Que va-t-elle encore inventer ? »…

Un œuf de poule en peluche, c’est toi, c’est moi, c’est toi et moi, c’est nous.

C’est s’asseoir par terre, au bord de la rivière, écarquiller les yeux pour apercevoir les ailes de cette libellule, marcher pieds nus au milieu de ces petits cailloux tout doux, sentir l’eau glacée de la pointe du pied, admirer les reflets chatoyants du soleil en ce havre paisible.

C’est cette falaise sur laquelle je te vois malgré ton absence, sur laquelle j’aperçois un avenir à tout çà, sur laquelle on avance, sur laquelle tout a commencé, sur laquelle les étoiles enveloppent nos âmes, sur laquelle - un jour prochain - nous serons nous.

C’est cette plage où l’on est bercé par le murmure des vagues, où les embruns dessinent des larmes sur les visages, où cette douce mélancolie rejoint les cœurs.

C’est ce merveilleux balcon, éclairé à la bougie, les étoiles à portée de main, les yeux embués par le brouillard des émotions, par le brouillard des sentiments, le Sauternes dansant sur les papilles.

C’est un feu de bois dans le cœur, des pupilles dilatées, des rires, des sourires, des mots, des gestes, des soupires, des non-dits partagés, des peurs, des défis, des débuts, des fins….

Posté par Plumee à 21:36 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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